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Lundi 8 août 2011 1 08 /08 /Août /2011 23:50

Cette histoire nous est reportée par Samantha C. , adolescente au moment des faits, en 1997.


On venait d'emménager, on prenait un F5 en quittant notre vieux F3, avec mes parents.
Forcément, ça nous faisait beaucoup de place, j'ai donc eu ma propre chambre plus une deuxième pièce qui servait de bibliothèque.
La résidence tenait sur deux étages, en fait on avait acheté un rez-de-jardin.
Nos seuls voisins se trouvaient au-dessus, mais leur maison était mitoyenne d'un autre immeuble.
Seules la bibliothèque et ma chambre se trouvaient en-dessous de leur appartement, ce dernier étant décalé vers la colline, à cause du terrain en forte pente. Ils avaient donc leur jardin, nous aussi, et leur appartement s'étendait vers le nord quand le nôtre s'étalait plus au sud.
Dès qu'on est entrés dans la résidence, on a tout de suite trouvé nos voisins antipathiques.
Enfin ce n'était pas exactement ça, c'était plutôt qu'on n'avait pas d'atomes crochus pour être honnête.
C'était l'été, mon père travaillait beaucoup à son bureau d'étude en ville, et ma mère donnait des cours à domicile.
Je me retrouvais donc seule la plupart de mes journées, et j'essayais de passer le temps en bouquinant, en attendant de me faire des copines à la rentrée prochaine, dans une école que je ne connaissais pas encore.
Je dis bien que j'essayais de lire, car le voisin du dessus avait une passion pour le bricolage, et le jardinage.
Moi je préférais son jardinage, car au moins dans la maison on ne l'entendait pas.
Par contre, ses phases de bricolages, oh la la!
Pendant d'interminables heures, on pouvait entendre à peu près tous les instruments de découpe, marteaux, grincements et bruits divers qu'il pouvait exister je crois!
Mais le pire restait sa table de travail, qui devait être bancale puisqu'à chaque fois qu'il bricolait, les pieds de cette dernière tambourinaient longuement le sol, dans un grondement des plus énervants.
Du coup, je passais mes journées dans le jardin, à bronzer, parce que nos chers voisins avaient au moins la politesse de fermer leurs double vitrages la journée, ce qui fait que du jardin on n'entendait finalement pas grand-chose.

Au bout de plusieurs semaines, j'ai fini par en parler à mes parents.
C'est vrai quoi, à la fin, ils pourraient faire attention un minimum! Par exemple en calant des vieux journaux sous sa table de travail!
Un soir, mes parents sont montés les saluer, et leur ont demandé avec toute la politesse du monde s'ils pouvaient faire un peu plus attention.
Vous savez comment c'est, dans ces moments-là, on prie pour que les voisins entendent raison, que le coin ne deviennent pas invivable, que l'ambiance n'empire par en plus...
Eh bien je crois que je ne serai plus jamais inquiète de ça, étant donné que nos voisins ont réagit de la pire manière qui soit.
Le gars au-dessus c'est énervé, a déclaré à mes parents "C'est comme ça, et puis c'est tout"!
Le ton a monté, et finalement mes parents sont partis sous les menaces.
Le gars au-dessus a décidé ce soir-là de bricoler jusqu'à la nuit tombée.
Il s'est arrêté vers 10 heures puis est allé jardiner un peu. Moi je suis allée me coucher à cette heure-là, mais nous avons été réveillé vers 3 heures du matin par ses pas lourds qui résonnaient à travers notre grand appartement encore peu meublé.
Le lendemain, nous sommes allés déposer une main courante à la gendarmerie.
Le climat était très tendu, mais on ne les croisait jamais, leur garage donnant sur une rue parallèle.
Mais c'est de cet incident ce soir-là que tout avait vraiment commencé.
Auparavant, il bricolait plutôt le matin et parfois en début d'après-midi puis jardinait en fin de journée.
A présent, il avait tout décalé d'environ 6 heures, probablement pour nous narguer.
C'était psychologiquement assez difficile à supporter, car le bricolage finissait rarement avant 10 heures du soir, et on les entendait aller se coucher, en marchant lourdement sur leur parquet, plusieurs heures après.
La nuit, souvent, je m'endormais et mes rêves se transformait en cauchemars, occasionnés par les bruits de pas sourds qui - je dois bien le reconnaître - au sortir des bras de Morphée me terrifiaient.
Mes parents et nos voisins ne pouvaient plus se croiser sans que cela ne dégénère, et il n'était pas rare d'entendre le voisin menacer ouvertement mon père, ma mère et même moi, 15 ans à l'époque.
Finalement, lassés de déposer des plaintes qui n'aboutissaient pas, nous avons choisis de déménager.

C'est un mois avant notre départ que cette histoire changea de cap.
Un dimanche matin, on frappa à notre porte. C'était un gendarme. Ma mère, en le voyant, le remercia d'être venu car elle crût tout d'abord qu'il s'était déplacé suite à nos plaintes. Mais il n'en était rien.
Il nous posa plusieurs questions, et nota scrupuleusement nos réponses. Il s'intéressait à nos voisins, et au tapage qu'ils nous faisaient subir. Avant de partir, il nous expliqua enfin la raison de sa venue:
Le matin même, pendant qu'il était venu nous questionner, toute une équipe de ses collègues était venu arrêter le couple des voisins du dessus. Ils étaient soupçonnés dans plusieurs affaires de disparitions, et lors de la perquisition, ils avaient trouvé plus de preuves qu'il n'en faut.
Ils enlevaient des jeunes femmes, des jeunes hommes, et leurs faisaient subir torture et séquestration avant de les assassiner et de faire disparaître les corps.
Il nous raconta les sacs trouvés enterrés dans le fond du jardin par dizaine, et mon pire souvenir fut celui des tortures:
La victime était toujours attachée sur une table, et leur folie les poussait à la découper vivante tandis que cette dernière, toujours consciente, se débattait, faisant marteler les pieds de la table juste au-dessus de ma chambre.

Par Cyrix - Publié dans : • Légendes retranscrites
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Lundi 8 août 2011 1 08 /08 /Août /2011 23:50

Je m'appelle Serge, j'aimerai vous raconter une histoire fameuse dans ma famille, qui s'est déroulée il y a près de trente ans.

A l'époque, j'avais 11 ans, et j'étais en vacances chez mes grands-parents, avec ma petite soeur Cathy et mon cousin Pierre, qui avait 24 ans à l'époque.
Ils habitaient à la campagne, très loin des grandes villes et de l'agitation.
J'aimais beaucoup les longues promenades jusqu'à la tombée de la nuit à travers les champs avec mon cousin, et Cathy passait ses journées à chasser toutes sortes d'insectes, à l'exception des araignées qu'elle avait en horreur (ce qui était compréhensible à 8 ans).
Bref, on passait de super moments.
Le soir, on restait tous à l'intérieur et on faisait un jeu de société; certains soirs, les soirs de pleine lune parce qu'on y voyait, on laissait les volets du salon ouverts, et on entendait parfois des crapauds qui passaient dans le jardin entourant la maison.

Seulement toute cette période formidable de notre jeunesse s'est arrêtée d'un coup net, un soir du mois de novembre, pendant les vacances de la toussaint.

C'était une nuit sans lune, et on avait l'interdiction formelle de sortir, à cause des éventuels serpents et autre dangerosités qu'on ne pourrait pas voir; la campagne c'est très différent de la ville, là-bas quand il fait nuit noire, on ne distingue rien, absolument rien.
Si on ouvrait la porte d'entrée, on se demandait si c'était la lumière de l'entrée qui pénétrait difficilement à l'extérieur, ou bien la nuit noire et brumeuse qui peinait à entrer dans la demeure.

Ce soir-là, on faisait une partie de monopoly (l'éternel), sauf Pierre qui s'en était lassé, quand un bruit sourd jeta une pause glaciale sur la partie.
Grand-père crut identifier un oiseau mort qui se serait écrasé sur le toit.
La partie reprit donc, mais il y eut un nouveau choc, toujours aussi sourd et qui aurait presque fait vibrer les cadres du salon.
Pierre, excedé, décida d'aller jeter un oeil dans le grenier. Il en avait du courage, et moi et ma soeur on l'admirait beaucoup, parce que je peux vous assurer que jamais nous n'aurions eu le courage de monter les hautes marches menant au grenier sans lumière. Il prit une lampe de poche et monta les marches une à une. Le grincement lourd accompagnant sa progression suffisait déjà à nous glacer le sang. Il arriva au grenier, on pouvait l'entendre marcher au-dessus de la chambre d'amis.

Là, un troisième coup, moins puissant mais plus proche que les précédents. Ca ressemblait à un coup de pelle sur de la tôle ondulée...
Grand-mère commençait sérieusement à s'inquiéter, et s'approcha des escaliers du grenier pour mieux appeler le cousin.

Il ne répondit qu'au troisième ou quatrième appel, en demandant ce qu'il se passait.

"Comment, tu n'as pas entendu??"
"Entendu quoi?"
"Mais qu'est-ce qu'il se passe ici...?"

Il était dans le grenier, mais n'avait même pas entendu le troisième choc; Quand soudain un quatrième coup se fit entendre, et c'est à partir de là que grand-mère décida qu'il valait mieux appeler la gendarmerie.
Grand-père, lui, déclara qu'il devait s'agir d'une plus grosse bête, qu'il allait sortir pour aller voir ce qu'il en était. Il descendit à la cave pour aller chercher la lampe-tempête, et sortit avec Pierre, qui tenait le fusil.

Au bout de dix minutes, sans nouvelles, grand-mère se résolut à décrocher le téléphone, au moins pour appeler nos parents et avoir leur avis, au mieux pour appeler la gendarmerie.
Mais il n'y avait aucune tonalité.
C'étaient nous les plus jeunes, mais on a bien dû commencer à essayer de la rassurer à partir de là.
Elle devint incontrôlable et nous emmena dans leur chambre, pour s'enfermer à double tour, au moment où retentit un nouveau choc, toujours plus puissant, toujours plus troublant dans le silence si profond de la campagne. Nous n'avions pas de voisins à proximité, les plus proches étant à plusieurs centaines de mètres, aussi personne ne pouvait nous entendre crier.

Enfermés dans la chambre, nous attendions avec anxiété le prochain coup, quand nous fûmes surpris par une détonation bien plus forte: un coup de fusil.
Grand-mère hurla et s'évanouit. Cathy se mit à pleurer, et moi je n'en menais pas large...
On attendit plusieurs minutes, jusqu'à entendre s'agiter la porte d'entrée. Grand-mère reprenait doucement ses esprits, mais refusa catégoriquement de sortir de la chambre. Après tout, moi je me disais que c'était peut-être Pierre ou grand-père qui essayait de rentrer et qu'on avait encore oublié les clés sur la serrure, donc je suis sorti, contre l'avis de grand-mère, pour aller ouvrir.

Arrivé devant la porte, je m'arrête.
C'est stupide, mais dans la situation, j'avais quand même un doute.
Je remercie le ciel tous les jours de n'avoir pas ouvert précipitamment.
J'ai crié à travers la porte pour savoir qui appuyait lentement sur la poignée.
J'ai demandé plusieurs fois, mais je n'ai pas eu de réponse.

Alors j'ai commence à faire marche arrière, à reculons, en regardant fixement la porte qui s'agitait de plus en plus bruyamment.

Et là, coupure. Plus de courant, plus de lumière, le noir.
Le noir total, pas un trait de lumière, pas un reflet, rien que le noir à en devenir aveugle.
Et surtout, plus un bruit. Je crois que j'aurai préféré entendre la porte se faire forcer plutôt que de subir un silence aussi pesant.
J'ai commencé à chercher à revenir à la chambre à tâtons, quand l'inespéré arriva:
je vis la porte au fond du couloir s'ouvrir, et de la lumière s'échapper de la pièce.
Mais c'est dans un hurlement paniqué voire hystérique que grand-mère en sortit, portant Cathy dans ses bras. La lumière, je ne l'avais pas remarqué tout de suite, semblait danser, et les poursuivre.
En m'approchant, j'ai finit par comprendre ce qu'il se passait: elle avait essayé d'allumer des bougies, mais dans le noir avait finit par mettre le feu au lit, qui se consumait rapidement sous les flammes qui gagnaient en hauteur et en intensité à une allure impressionnante.

On s'est réfugié dans la cuisine, guidés par un simple briquet.
On n'osait plus ni sortir, ni rester, on était entre les flammes de l'enfer de la maison qui commençait à s'incendier sérieusement, et le froid glacial de la mort qui nous attendait à l'extérieur.
Finalement, on a prix des couteaux à la cuisine et on s'est réfugiés au sous-sol.
Il n'était pas situé exactement sous la maison, mais légèrement plus au nord, aussi on s'y sentait plus à l'abri.

La cave avait son propre groupe électrogène, qui servait d'ordinaire à alimenter les machines de bricolage de grand-père.
On était recroquevillés là, au fond de la cave, sentant passer ça et là quelques cafards curieux, à attendre je ne sais quelle solution.

La fenêtre qui ornait le haut du mur du fond de la cave explosa sous le choc d'une barre métallique noire.
Le briquet manqua de gaz, et on commença à hurler d'une terreur sans nom.
Par chance, c'était Pierre. Il avait vu les flammes de dehors et avait entreprit de briser la vitre pour nous sortir de là.

Ensuite, on a couru jusqu'à arriver chez un voisin, à travers une campagne d'ordinaire si chaleureuse mais cette nuit d'une noirceur létale.

On a tambouriné à la porte jusqu'à ce qu'il nous ouvre, et on a attendu là.
Quand les gendarmes sont arrivés à l'aube, avec les pompiers, on nous a apprit la découverte du corps de grand-père, retrouvé à moitié enterré dans le champs derrière la maison.

Une fois dehors, Pierre et lui avaient été séparé quand une sorte de bête massive les avait attaqué, ça aurait pu être un sanglier d'après la description de Pierre, mais d'une taille peu commune. C'était lui qui avait tiré le coup de feu, abattant grand-père d'une décharge en pleine tête, à plus de cent mètres de distance. Une balle perdue n'est pas perdue pour tout le monde.

On n'a jamais su pourquoi on avait retrouvé notre grand-père à moitié enterré dans une sorte de trou qui n'était pas là l'après-midi même.
On n'a jamais su non plus ce qui avait attaqué la maison et pourquoi nous avions été coupé du monde toute la nuit.
Mais il y a une chose qu'on n'oublierait jamais: c'était la taille des griffures sur la porte d'entrée.

Par Cyrix - Publié dans : • Légendes retranscrites
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Lundi 8 août 2011 1 08 /08 /Août /2011 23:49

Au début du siècle dernier, il arrivait encore que, rarement, des gens se trouvaient inhumés vivants.

Certains faisaient d'ailleurs installer une petite clochette reliée au cercueil pour le cas où ils se réveilleraient...
Aussi il existe une multitude de récits plus ou moins effrayants ou déstabilisants de personnes retrouvées mortes asphyxiées dans leur tombe, quelques jours voire quelques semaines après leur mise en terre.

Il est ici question du récit de D.Jackson, retrouvé 54 ans après son enterrement, mort d'asphyxie. Les plaisantins diront que la bonne nouvelle, c'était qu'il n'y avait qu'à laisser le corps où il était, après tout.
Mais avant de rire, il serait bon de lire le journal qu'a tenu le prisonnier des profondeurs de la terre lors de son interminable supplice.
D.Jackson était aveugle, et fut enterré avec le couteau de son père. Il s'en servit pour écrire, en braille, un journal sur le couvercle du cercueil après en avoir déchiré le capitonnage.
Voici ce que l'on pouvait y lire:


Je suis bien vivant. Quel sort de mécréant. Je n'ai certainement d'oxygène que pour
quelques heures, aussi je vais m'efforcer de tenir des notes aussi précises que possible, pour éviter de sombrer à nouveau dans un sommeil qui me serait fatal. Je n'ai aucune notion du temps, je tracerai un trait pour définir un espace de temps entre deux écrits.
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J'essaye de ne pas paniquer.
J'ai peur.
J'ai froid.
Mais je ne me sens pas physiquement mal.
Heureusement, je n'ai jamais été claustrophobe.
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Je crois que je commence à m'habituer à ce purgatoire.
Je ne veux pas mourir, mais être ici me permet de réfléchir sur ma vie, sur son sens ou son absence de sens.
Si je sors d'ici, je jure de vouer mon existence à faire progresser l'humanité, fini l'individualisme.
Je crois bien que je dois être... Le plus riche du cimetière...
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Ce silence. Un silence de mort, je comprends maintenant.
L'air commence à se réchauffer, je dois rester éveillé, on finira bien par m'entendre. Je frappe aussi fort que je peux et je crie pendant plusieurs dizaines de secondes, environ tous les quarts d'heures je pense.
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Du bruit. J'entends du bruit, tout près. En y prêtant attention, c'est comme si l'on grattait la terre...
J'oscille entre la joie d'entendre peut-être un fossoyeur et la peur irrationnelle de voir un mort ramper sous terre jusqu'à ma dernière demeure...
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Plus rien. J'ai peut-être rêvé. Ou bien l'on m'a entendu, et le brave sera allé chercher de l'aide.
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Je crois que j'ai bien failli m'endormir cette fois. Cela fait bien trop longtemps que j'attends.
Mais je ne perds pas espoir.
Mes pensées sont souvent troublées par les grincements de mon estomac.
J'ai faim, très faim.
Et j'ai plus que jamais envie de vivre, incroyablement envie de vivre.
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Encore ce bruit étrange...
Ma raison doit perdre en stabilité au fur et à mesure que les heures s'égrènent.
Je dois me ressaisir, ou bien ce sera la fin.
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J'ai trouvé une sortie, je crois.
Le dos de mon cercueil peut comme pivoter.
De là, on accède à ce qui semble être un réseau de galeries.
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Il y a de l'air, vicié mais de l'air.
Je ne me sens plus du tout fatigué.
Je crois même que j'entends des rires d'enfants.
Ces boyaux souterrains sont très sinueux,
les rebords sont humides, et je sens des insectes grouiller tout autour de moi.
Il fait plus froid, mais j'ai très chaud.
Je suis revenu en arrière écrire une dernière fois.
Je vais essayer d'avancer dans les ténèbres, tout ceci doit bien conduire quelque part...

Quand on a ouvert sa tombe pourtant, il était bel et bien là...

Par Cyrix - Publié dans : • Légendes retranscrites
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Dimanche 31 juillet 2011 7 31 /07 /Juil /2011 23:43

Ceci est l'histoire qu'ont vécu plusieurs élèves du lycée Edmond Rostand,

reconstituée telle qu'elle a été reportée.


Ils étaient trois jeunes adultes assez sociables, dans un lycée au passé historique chargé. Le vieux bâtiment de pierre, attenant à un séminaire, avait jadis connu ses heures de gloire. Durant la guerre, de nombreux juifs trouvèrent refuge dans les caves dissimulées à l'époque aux yeux de l'occupant.

Jérémy et Thomas étaient les meilleurs amis du monde, et Léa trainait toujours avec eux.
Ce jour là, comme d'habitude, après la sonnerie, il fallait aller faire la queue au réfectoire.

Léa, Thomas et Jérémy se retrouvèrent à leur place habituelle, et Anne vint se joindre à eux.

- Salut Anne, ça va aujourd'hui, la salua Léa? Tu as l'air un peu pâle.
- Ouais c'est bon t'inquiètes pas, je suis pas dans mon assiette c'est tout, répondit-elle.
- Tu es sûre, s'inquiétait Jérémy? Tu as vraiment l'air bizarre tu sais...
- C'est bon t'es pas mon p...

Elle n'eut pas le temps de finir et courut aux toilettes pour vomir son déjeuner.
Thomas et Jérémy se regardèrent quand Léa fit la remarque:
"C'est vrai qu'il est bizarre le steak aujourd'hui, il a un sale goût".
Thomas en découpa un morceau qu'il porta dans sa bouche.
"On dirait... Du porc mais c'est pas vraiment ça non plus..."

Ils se regardèrent tous les trois et éclatèrent de rire.
Et pendant qu'on y était, pourquoi pas de la viande humaine???

C'est la semaine suivant qu'ils reparlèrent à ce sujet.
- Vous connaissez pas la dernière, demanda Léa, c'est Anne, elle est portée disparue, on ne l'a plus vue depuis la semaine dernière! C'est dingue ça va faire la deuxième qui disparaît sans laisser de traces, comme ça, hop!
- C'est pas possible, rétorqua Thomas, te fais pas d'histoires, elle doit avoir la crève c'est tout...
- C'est vrai, poursuivit Jérémy, pour Sandrine c'est sérieux, on a eu droit aux flics et tout en plein cours la semaine dernière...
- Mais c'est carrément sa mère qui est venue nous demander si on avait eu de ses nouvelles ce matin en maths!

Ils se regardèrent, pensifs.
En effet, cela faisait déjà deux disparitions...
Ce mardi-là, à la cantine, on servait de nouveau de la viande.
Les trois lycéens remarquèrent vraiment un changement dans le goût, qui n'était pas déplaisant mais... Dérangeant.

D'un geste vif, Léa repoussa bruyamment son assiette et asséna:
"Je suis désolé je peux pas manger ça. C'est vous avec vos conneries, Anne qui disparaît et la viande bizarre qui réapparaît, vous avez le droit de me traiter de gamine mais je ne vais pas manger ça. Je ne le sens pas."

Ils ne répondirent pas. Eux aussi commençaient à avoir de sérieux doutes. Il y avait vraiment quelque chose de bizarre dans cette corrélation entre la viande d'origine inconnue et la disparition de leurs camarades.
Histoire de se sortir un peu de cette mauvaise blague, ils attendirent la fin du service et partirent voir le cuisinier.

C'était un homme fort et gras, à la moustache grisonnante et au grain de peau rougeâtre trahissant une certaine susceptibilité.
Ils lui demandèrent le plus diplomatiquement qu'il leur était possible quelle était l'origine de cette viande qu'on leur servait, et il se contenta de leur répondre "Ecoutez les enfants, j'ai pas que ça à faire moi, tout ce que je peux vous dire c'est que ça vient de France, d'ailleurs c'est écrit sur le menu, là voyez, Viande d'origine Française". Devant la curiosité de Léa quant au type de la viande, il s'emporta, prétextant qu'il devait finir son service et les jeta hors du réfectoire.

Ils commencèrent à se diviser.
"Je suis certaine que c'est lui. C'est un malade je l'ai senti tout de suite. Je sais qu'un cuisinier qui tue compulsivement des élèves et qui les fait disparaître dans le menu du lendemain ça fait mauvais scénario d'un film de série B. Mais des histoires comme ça, on en voit tous les jours, après tout," pensa Léa.

"Je crois qu'on devrait vraiment arrêter de regarder la télé. Ce pauvre gars est à 100 bornes d'imaginer ce que nous on peut bien s'imaginer," se dit Thomas.

"Okay, pensons simplement aux faits: pour l'instant, rien ne nous permet d'affirmer qu'il se passe quelque chose de sordide dans les cuisines. Il faut continuer à se renseigner, mais surtout nous surveiller les uns les autres. Trouver un lien entre les victimes. Et si quelqu'un se trouve seul, essayer de le filer. Si on a tort, ça n'aura été qu'un jeu de gamins, mais si on a raison... Alors on doit être le plus raisonnable et prudents possible. Ne pas en parler. A personne", réfléchissait Jérémy.

Ils discutèrent longtemps, plusieurs jours en fait.
Et se rangèrent aux conseils avisés de Jérémy.

La semaine suivante, toujours un Lundi, ce fut au tour de Julie, le canon de la classe, de disparaître mystérieusement. Dans l'après-midi, la police nationale vint rassembler les élèves dans la cour intérieure de l'établissement pour leur poser des questions, tandis qu'on fouillait la plupart des pièces du bâtiment.

Un groupe de policiers, postés au centre des élèves, lançaient des questions et notaient les réponses qu'on leur donnait au hasard. Eux aussi cherchaient visiblement à mettre un lien entre toutes les victimes. Jusqu'à présent, toutes des femmes. Apparemment, elles rentraient seules chez elles le vendredi soir mais n'atteignaient jamais le domicile familial. Tous les élèves furent donc priés avec insistance de ne plus rentrer seuls chez eux, au moins jusqu'à l'année prochaine, au mieux jusqu'à ce que d'éventuels kidnappeurs aient été interpellés et mis hors d'état de nuire.

Léa était bizarre ce jour-là; elle n'osa le confier à Thomas mais avoua à Jérémy, dont elle était plus proche, pour être sortie avec quelques semaines plus tôt, qu'elle était tout simplement terrorisée.

Arriva le fameux vendredi. Un nouvel élève allait-il disparaître? Peut-être, sauf que cette fois-ci, ils avaient un plan. C'était très simple: la plupart des élèves sortaient entre 16 et 17 heures: ils allaient donc fouiller eux-mêmes les cuisines à la recherche de... Quelque chose de tangible pendant que le cuisinier qu'ils soupçonnaient serait à l'extérieur. Encore une fois, c'était un plan basé sur l'idée que s'ils avaient tort, alors ils ne payeraient que pour un jeu de gamins, et s'ils avaient raison, l'opération était indispensable.
Thomas essayait d'organiser les esprits:

"Léa, toi tu attends à l'extérieur, devant le bureau du CPE. Là-bas il y a toujours du monde, il ne t'arrivera rien. Mais si tu ne nous vois pas revenir avant 18 heures, appelles la police. Surtout je compte sur toi pour ne pas hésiter. Il y a des chances qu'on risque très gros, moi je n'ai pas envie qu'on prenne le moindre risque.

Jérémy et moi, on va aller fouiller les cuisines. J'essaierai de fouiller le bureau, pour voir si on a des traces écrites, quelque chose sur l'origine de la viande à quoi nous raccrocher, et Thomas, tu vas fouiller les placards. A la moindre trace de sang ou autre, tu m'appelles.

Tout le monde est d'accord?"


Alors, c'est parti.
Tout se passa comme prévu, au début.
Léa communiquait avec eux pas sms tandis que Thomas et Jérémy se glissèrent habilement dans les cuisines, sans être repérés.
Elles étaient désertes, ils purent tout fouiller de fond en comble sans être inquiétés.

Jérémy commença à fouiller la paperasse du bureau, mais elle était si dense qu'il préféra inspecter les fours et le lave-vaisselle géant.

Thomas ouvrit chacun des placards, inspecta silencieusement et avec grand soin chaque couteau, chaque casserole, chaque faitout...

Son compagnon d'aventure l'appela rapidement.
Ils venaient de découvrir, dans le congélateur, une grande quantité de la fameuse viande qu'on leur servait en début de semaine. Ils remarquèrent qu'en effet, il y en avait assez pour que ça provienne d'une personne, les portions étant petites et les demi-pensionnaires assez peu nombreux.
Elle avait été découpée ici même, sur les plans de travail, les os se trouvaient encore dans la grand poubelle noire... Mais ils n'osaient pas l'approcher.
Il régnait près des déchets une odeur désagréable, mais étrangement familière...

Soudain, Thomas tombe lourdement sur le sol. Son ami se précipite et s'agenouille près de lui.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé? Ça va?
- C'est rien, mon lacet s'est pris dans quelque chose...

C'était un minuscule accroc dans la rainure du carrelage.
En fait, il s'agissait d'un genre d'encoche. A l'aide de plusieurs spatules, ils firent pression et ouvrir ainsi une bouche béante vers un sous-sol caché.
La trappe se trouvait au fond des cuisines, dans le coin près des poubelles à déchets, et était certainement inconnu de la plupart du personnel. Aucune chance que la police ne l'ait trouvé, seul Thomas avait la triste habitude de souvent laisser traîner ses lacets défaits.
Ils descendirent un escalier taillé à même la roche. Il faisait très ombre là-dedans, et leur seul source de lumière furent celles de leurs téléphones portables. Celui de Jérémy se révéla plus efficace, il possédait un flash servant de lampe de poche.
Ils se trouvaient dans une cave aux proportions imposantes mais au plafond très bas, à tel point qu'il fallait souvent se pencher pour éviter que sa tête ne heurte le plafond. Le sol était taillé directement dans la roche, tout comme les murs, certains couverts de vieilles marques étranges. Il devait certainement s'agir de l'abri dans lequel les juifs furent cachés plusieurs décennies auparavant.

Tout à coup, le halo lumineux du flash mis en relief une partie de la pièce que les deux compères n'auraient jamais espéré contempler...
Il y avait trois corps, toutes des femmes, allongées nues sur le sol glacial, leur ventre largement ouvert la gorge tranchée sauvagement. Leur sang avait maculé le sol sur une large partie de la pièce. Leurs yeux encore ouverts exprimaient une horreur sans nom. Les corps pourrissaient lentement, le plus ancien, celui de Sandrine, voyait de larges ouvertures dans sa peau, sans doute liée à quelque torture insoutenable, dans lesquelles se débattaient de nombreuses larves. Il était très facile de s'imaginer le calvaire qu'avait dû endurer les trois adolescentes, pieds et poings liées, alors qu'on leur ouvrait les entrailles pour ne les conduire qu'à une mort certaine. L'une d'elle, Anne, avait tant gratté le sol sous la douleur que tous ses ongles s'étaient brisés, retournés, enfoncés dans sa chair. Julie était certainement celle qui avait le moins souffert. Tandis qu'elle hurlait encore de l'atrocité de ses tortures, on lui avait fermement pris la tête à pleine mains pour faire éclater à plusieurs reprises le crâne contre le sol, certainement pour qu'enfin elle se taise... Longtemps ils seraient hantés par ces images furtives mais pourtant gravées à jamais dans leurs pires cauchemars.


C'est à ce moment-là, le pire qu'on puisse imaginer, qu'une ombre inquiétante apparut en haut des escaliers. Le cuisinier les observait, un large couteau de boucher dansant depuis sa main droite.
Il se mit à hurler, et courut vers eux, le couteau droit en avant, décrivant de larges cercles au-devant de lui.
Au comble de la terreur, Jérémy laissa tomber son téléphone qui se brisa en heurtant le sol de granite.
Et alors, tout devint parfaitement noir.
Ils entendirent le pas lourd du meurtrier se perdre dans les ténèbres, suivi d'un choc violent accompagné d'un râle haineux.

Sans réfléchir, ils se hâtèrent bien plus rapidement qu'il ne s'en crurent jamais capable vers la lumière de la sortie. De là, ils refermèrent la trappe, firent basculer le lourd frigo au-dessus et coururent rejoindre Léa à l'extérieur.

La police fut prévenue, et ces derniers découvrirent à l'aide de puissantes lampes torches la scène du crime.
Le cuisinier, dans le noir, avait trébuché sur le sol irrégulier et en tombant s'était enfoncé le couteau droit dans la gorge. Il avait certainement agonisé pendant un moment...

Le premier traumatisme passé, les 3 lycéens, contre tout avis, se résolurent à retourner en cours dès le lundi suivant. Malgré la mort de leurs trois camarades, ils étaient doublement soulagés.  D'une part parce que leur tortionnaire ne sévirait jamais plus, et d'autre part parce que si les corps se trouvaient dans la cache, alors la viande hachée au goût si étrange qu'on leur avait servi n'était pas la leur.

Un mystère subsistait cependant: aux dires de la police, le cuisinier n'avait jamais été aperçu en-dehors des cuisines. A tel point qu'ils avaient été incapable de trouver son domicile, une famille ou un quelconque témoignage de son existence en-dehors de l'établissement. Comme s'il était sorti du noir insondable de la cache sous les cuisines...




Ce lundi justement, Léa et ses deux amis purent apprécier pleinement la viande, certainement de porc avec une sauce quelconque, soulagés de la conclusion de l'histoire, quand le capitaine de police qu'ils avaient vu vendredi accourut vers eux, juste après le repas.

"- Vous voilà enfin! Vous n'avez pas encore mangé, demanda le représentant des forces de l'ordre??
- On sort de la cantine à l'instant, pourquoi, répondit Jérémy?
- Oh mon Dieu non... J'arrive de la salle d'autopsie, je venais pour vous dire qu'on avait trouvé ce qui reliait les trois victimes... On a bien retrouvé leurs corps, mais il semblerait qu'il ait fait disparaître dans votre viande les... Enfin elles... Elles étaient enceintes..."

Par Cyrix - Publié dans : • Légendes retranscrites
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Dimanche 31 juillet 2011 7 31 /07 /Juil /2011 23:42

 

 

Je suis ce que vous pourriez appeler un “serial-brocanteur”, dès que je  peux, j’en fais une. J’essaye de dénicher du vieux matos en rapport avec  le jeu vidéo en général.
Ce  jour là, y’avait une brocante sur le parking d’un hypermarché près de  chez moi. Après avoir acheté une NES en pas très bon état et 2/3 jeux  GameBoy, je suis tombé sur un stand avec un mec qui vendait une guitare,  de type Les Paul. J’aurais pas pu dire si c’était une authentique ou  pas, le logo sur la tête était à peine visible, voir pas du tout. Mais  le plus étonnant restait encore un trou à coté du micro haut. Comme un  impact de balle. Les cordes semblaient usées. On aurait vraiment dit une  très mauvaise guitare. Mais, poussé par ma curiosité, je demandais le  prix au vendeur. Il en demandait 10€, là où d’autres en aurait demandé  minimum 60€. J’avais du fric à dépenser, et comme j’étais à la fin de la  brocante, je me laissais tenter par cette guitare. Au moment où j’ai  tendu l’argent, le vendeur affichait un sourire... On aurait dit qu’il  était heureux et soulagé de se débarrasser de cette guitare, mais il y  avait un arrière goût de... De sadisme dans ce sourire. J’essayais de ne  pas y prêter attention puis je repartis vers l’arrêt de bus.


Une  fois rentré chez moi, je testais ma NES et mes jeux GameBoy. Ils  marchaient impec’. C’était cool. Puis je pris la guitare, et grattais  les cordes, à vide. Les cordes étaient accordées parfaitement, c’était  bizarre. Je la branchait à mon ampli, et commençait à jouer une petite  succession d’accords. Le son était terrible. Il était comme rempli de  nostalgie, mais aussi.. de colère. Ça faisait un mélange hétéroclite de  sons. Puis je la testait sur mon interface de modélisation d’ampli/effet  PC. Là, le son était encore meilleur. Il y avait un petit coté glauque,  limite morbide, quand je commençait à faire un solo... Sur une gamme  que je ne connaissais pas. C’est comme si la guitare me dictait des  ordres. En jouant, je me sentais triste. J’étais presque en train de  pleurer, mais c’était comme si il manquait quelque chose... quand ma  mère m'appela pour manger. Je rangeait la gratte, et repartis hors de ma  chambre.


Je  ne touchais plus à la guitare de la soirée. Je me suis endormi tard,  vers 2h du matin, mais un bruit me réveilla. Un son de guitare. Pas une  note. Un son. Je crois que j’avais trop forcé sur les jeux vidéo ce soir  là. Comme je n’arrivais pas à m’endormir, je démarrais mon PC, et,  n’ayant rien à faire, je décidais de faire des recherches sur cette  guitare. Recherches, qui m’ont conduit, au bout d’une demie heure, à un  scan d’un vieil article de presse des années 70/80, Un guitariste abattu  sur scène en plein millieu d’un morceau. La photo montrait le  guitariste tenant la guitare devant sa tête. C’était juste avant le coup  de feu disait la légende de l’image. Juste avant que je n’essaye de  lire le 2e paragraphe, mon ordi s’est éteint. J’avais un vieux PC,  c’était frêquent.
Je  le laissais éteint, et retourna me coucher, mais un autre bruit de  guitare s’est fait entendre, plus fort. Je me retournais, et vis mon PC  en train de s’allumer. A peine avait-il chargé que Firefox s’ouvrait  avec une page web. C’était Cleverbot. Je l’avais dans mes favoris, de  temps en temps j’y allait, je trouvais ça rigolo, mais j’avais entendu  des histoires de “Cleverbot hanté”.
“-Bonjour. me disait-il
-Bonjour?
Le premier truc chelou, c’est que Cleverbot ne parle jamais le premier. Je m’en rends compte que maintenant en fait.
-Ne  cherche pas plus d’infos. Ça ne te menera nulle-part. Elle n’est pas à  toi. Même si tu réussis à en jouer, il faudra en pay-”
Soudainement,  la page s’est rechargée. Je lui répondait “Quoi?” mais Cleverbot m’a  répondu “Oh, a french Cleverbot. Hello mister Bot.”. Il était redevenu  normal.
Tout  ça me stressait, m’angoissait. Je pensais à me débarrasser de la  guitare, mais quelque chose m'empêchait d’y penser sérieusement.


J’avais  passé une nuit blanche. En cours, j’étais amorphe. Ils m’ont même  renvoyé chez moi, ils disaient que j'étais pas en état de rester en  cours. Mon père est venu me déposer à la maison, mais je voulais pas. Je  voulais pas rester à l'intérieur. Je restais loin de ma chambre.  J’essayais de résister à l’envie d’y aller et de sortir la guitare de  son étui. Mais j’étais trop faible, et au bout d’une petite demie heure,  j’y suis allé. Je jouais comme jamais je n’avais joué.


Je  pleurais aussi. Je sais pas pourquoi. Comme si j’étais rempli de  quelque chose, d’inconnu pour moi. Je sais pas combien de temps j’ai  joué, mais quand je me suis arrêté, j’ai vu ma mère en train de pleurer,  devant le seuil de ma porte - elle était rentrée à la maison. Elle  semblait être dans un état bizarre... Puis, elle marcha vers le salon,  ouvra la fenêtre, et sauta. Du 6ème étage. Elle s’était suicidée.  Pendant ce temps, un liquide rouge sang avait coulé du trou de balle de  la guitare.


Je  ne savais quoi penser. Je ne me sentais pas affecté par le suicide de  ma mère, en tout cas sur le coup. Comme si je n’étais plus moi même.  Tout ce que je voulais, c’était partir loin, avec cette guitare.




C’est  ce que j’ai fait. Et ce pourquoi j’écris ça sur internet. Vous pouvez  me croire ou pas, mais telle est mon histoire. Enfin, je pense. J’ai  plus l’impression d’être seul depuis que je la traîne avec moi. Je sais  pas ce que je vais faire, où je vais le faire et quand je vais le faire,  je sais juste que je dois faire quelque chose, et vite.


Adieu.



Cette  lettre a été retrouvée sur l’ordinateur du jeune M---------, qui aurait  fugué après le suicide de sa mère, avant que le reste de sa famille ne  rentre. Certaines personnes l’auraient aperçue, errant dans Paris, une  guitare à la main...

Par Conan3D - Publié dans : • Légendes retranscrites
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