Quantcast

Recherche

Syndication

  • Flux RSS des articles

• Légendes retranscrites

Lundi 22 août 2011 1 22 /08 /Août /2011 20:00

Il y a de cela maintenant 7 ans, en mai 2004.

Saint-Jérôme, Canada.
Deux adolescents rentraient d'une soirée en vélo, quand l'un d'eux, Jonathan
se mit à se plaindre de maux de têtes aussi soudains que violents.
Son compagnon tenta de le calmer et mis la radio de son téléphone.
Mais il ne put capter la moindre station, seulement un bruit de mastication sur toutes les fréquences, et son ami qui sentait sa cervelle se déchirer dans son crâne...
Ils s'arrêtèrent pour que le malade puisse respirer et marcher un peu.
En l'accompagnant, son ami l'aida à marcher sur quelques mètres, quand ils entendirent un choc puissant derrière eux, là, dans la nuit noire.
Ils se retournèrent vivement mais ne virent rien excepté leurs montures, qui jouaient de leurs suspensions comme si une bête énorme était montée dessus.
Ils attendirent plusieurs minutes, n'osant ni bouger ni même penser, puis reprirent leurs esprits et retournèrent sur leurs vélos.
La radio capta alors une fréquence de musique classique.
Ils reprirent la route plus doucement, tandis que Jonathan semblait se porter un peu mieux.
La musique douce semblait apaiser leurs esprits, mais au bout de plusieurs minutes, il demanda à l'autre s'il pouvait arrêter de mâcher bruyamment.
Or ce dernier n'en faisait rien.
Quelques instants plus tard, il demanda d'arrêter de lui raconter "toutes ces choses horribles". Inquiet, il demanda plus de précision, s'il délirait, s'il entendait des voix, et l'autre lui répondit "je ne veux plus t'entendre me parler de toutes ces morts, j'ai envie de vomir...".
Et pourtant son ami n'avait pas ouvert la bouche.
Il finit par éteindre sa radio et Jonathan lui demanda d'arrêter de donner des coups dans son vélo, qu'il risquait de le faire tomber.
Mais son ami n'avait toujours rien fait!
Il finit par se lasser et répondit à Jonathan qu'il devait arrêter ses délires une bonne fois pour toutes, excédé.
Ce dernier lui répondit alors qu'il préférait rentrer seul, posa son vélo et s'assit dans les bois, pendant que son compagnon continuait jusqu'à Saint-Jérôme.
Le lendemain, il reçut un appel de la mère de Jonathan qui disait qu'il n'était pas rentré.
Il retourna donc au dernier endroit où il l'avait vu, dans les bois, avec d'autres gars.
Mais Jonathan était mort. Personne ne sut en expliquer la cause.




Cette histoire est vraie, faîtes donc quelques recherches sur cette mort mystérieuse...

Par Cyrix - Publié dans : • Légendes retranscrites
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 22 août 2011 1 22 /08 /Août /2011 13:58

L'histoire commence en octobre 1943 au lac de Vercy.

Le point d'eau se situait en région Champagne-Ardennes, et cette légende est bien connu de la population locale.
Elle varie cependant d'une famille de paysans à l'autre, les faits étant déformés par le temps.
Voici donc l'histoire dans sa version la plus complète:

Il s'agissait de deux jeunes pêcheurs amateurs, Lucien et son amie Camille.
Ils étaient issus de deux familles de paysans de la région, et avaient grandis loin des tumultes de la vie citadines,
bien à l'abri des horreurs de la guerre au fin fond de leurs champs.
Quelques soldats passaient parfois, mais repartaient rapidement.
Il faut dire que le coin était désertique! Des champs de luzerne à perte de vue... Et c'est tout.
Les deux jeunes se connaissaient depuis leur plus tendre enfance, et étaient tombés amoureux l'année passée.
Ils étaient déjà fiancés au moment où ils décidèrent de battre la campagne en pleine nuit pour un bain de minuit dans le Lac de Vercy.
Le lac avait une particularité: il était totalement perdu au milieu des champs.
Il n'y avait aucun autre moyen d'y parvenir qu'à travers champs. Et c'était un lac très fécond: Jamais il n'avait manqué de poissons.
Camille se jeta à l'eau la première, et tandis que Lucien enlevait sa chemise, elle faisait quelques brasses sur le dos, révélant son corps par reflets à la clarté lunaire.
Soudainement, quelque chose l'attrapa à la jambe, et commença à la serrer violemment. Elle hurla sa détresse à son ami qui plongea immédiatement pour la secourir.
Il mit hélas trop longtemps à la rejoindre. Déjà elle fatiguait sérieusement et commençait à couler quand il arriva à son niveau.
Il la saisit et tenta de la ramener à la berge.
La créature qui semblait lui serrer la jambe lâcha prise presque tout de suite.
Lucien pensa donc naturellement à une sorte de gros poisson, que l'activité nocturne inhabituelle aurait éveillé.
Il atteint finalement le rivage, et allongea son amie évanouie avant de la recouvrir d'une chaude couverture.
C'est là qu'il put observer les marques sur ses membres inférieurs...
Les deux jambes, violettes, avaient été comme compressées, et leur peau était si tirée et ridée qu'on aurait pu facilement croire qu'elles traînaient dans l'eau depuis plusieurs dizaines d'heures...
La plus bleue semblait totalement inerte, et présentait de part et d'autre de profondes marques circulaires, de quelques centimètres de diamètre.
Au centre de ses marques, on pouvait voir s'écoulait un mince filet de sang...
Certains racontent qu'elle aurait subi d'autres sévices bien plus marquants, mais par respect pour la mémoire de la victime, je passerai sous silence les rumeurs.

Quelle que soit la créature qui l'avait attaquée, elle n'avait à priori rien d'habituel...
Il tenta de ranimer son amie, mais sa respiration devenait plus faible, difficile et la vie semblait lui filer entre les doigts à toute vitesse.

Il décida alors de la recouvrir de son manteau et de courir à la ferme, à trois cents mètres de là, pour demander assistance.
Il se mit à courir, atteignit la demeure en quelques minutes, ouvrit la porte d'un formidable coup d'épaule et arriva essoufflé en plein milieu de la pièce.
Le feu était allumé, ils étaient tous là. Père, mère, ses frères et ses sœurs, et ses quatre cousins ainsi que sa tante.
Ils étaient une bien grande famille, et pendant que Père prenait son vélo pour aller chercher le médecin au village,
ses deux grands frères l'accompagnèrent au Lac.

Quand ils arrivèrent sur les lieux, ils ne trouvèrent pas le corps de Camille là où il devait être.
A la place, il n'y avait qu'un longue traînée dans la boue sur la berge conduisant au fond du lac...
Fou de douleur, Lucien demanda l'aide de toute sa famille mais aussi de sa belle-famille dans les jours qui suivirent pour vider le lac afin de retrouver le corps de celle qu'il aimerait désormais pour l'éternité.
Le lac fut entièrement asséché en quelques semaines.
C'est là, au milieu de la vase, que l'on retrouva des dizaines d'ossements, de toutes époques, mais aucun trace de la (ou des) créature(s) les ayant finement rongés.
D'un commun accord, les propriétaires des champs attenants au lac décidèrent de le reboucher et de le faire disparaître ainsi pour toujours.
Malheureusement, Lucien ne se releva jamais de cette nuit-là, et partit à la grande ville (Paris) pour chercher dans le travail à noyer son chagrin,
ce qui le conduisit à un malheur encore plus profond, lui et ses proches (mais il s'agit là d'une toute autre histoire).

L'ensemble de cette histoire n'a pas été écrite mais bien couchée sur le papier suite à plusieurs récits des habitants du côté de Vercy.
De nos jours, le lac de Vercy n'existe plus que dans quelques recueils géographiques vieux d'au moins 70 ans...


Le Lac de Vercy, depuis un manuel de géographie de 1937.

Par Cyrix - Publié dans : • Légendes retranscrites
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 18 août 2011 4 18 /08 /Août /2011 23:54

Il y a quelque part en région de Champagne un entrepôt désaffecté particulièrement intéressant.

Il est abandonné depuis des années, sans que personne ne soit vraiment capable de dire, dans les villages environnants, quelle fut son utilité.



En s'y baladant, même de jour, plusieurs curieux ont reporté avoir entendu des gens marcher, parler peut-être, mais même en cherchant bien, il n'y a jamais personne. Juste le vent, et les herbes folles.

Les photographies que vous voyez sont authentiques, et assez récentes. C'est un certain Jacques .O. qui me les a fait parvenir, merci à lui. Il y avait bien des photos de nuit, mais elles sont inexploitables. Et notre vaillant reporter ne désire plus y remettre les pieds.




En s'y rendant de nuit, on croit entendre comme d'habitude des pas, des murmures. Ce qu'il y a uniquement de nuit, sont les bruits métalliques. De profonds et puissants bruits de résonance métallique, impossible à décrire précisément car trop diffus. Certains ont d'abord crû qu'il s'agissait de tôle qui travaille, jusqu'à se rendre compte que parfois, le bruit ne venait même pas d'un des bâtiments mais tout simplement d'en haut.
Pour retranscrire fidèlement la réalité, il est bon de signaler que les explorateurs ne sont pas d'accord entre eux:
- Certains affirment apercevoir des ombres se balader silencieusement la nuit, certaines les observeraient depuis les fenêtres de bâtiments, et bien que l'on se précipite dans le bâtiment à l'instant même, on ne trouve jamais personne...
- D'autres, plus sceptiques, affirment que ce ne sont là que des ombres d'arbres, de branches etc... Mais affirment apercevoir des lueurs rougeoyantes dans les hangars, tout au fond. Ce que réfutent formellement les autres.

Pour ma part, n'y étant pas allé personnellement, mais le voyage est prévu, je pense que l'attitude du lieu dépend des soirs, peut-être de la lune... En effet, les soirs de nuit sans lune, difficile de distinguer des ombres par exemple.

Voici la vue que l'on peut avoir depuis l'entrepôt:



Eh oui, des champs à perte de vue, et pas âme qui vive ou presque.
Autre fait curieux:
Il n'y a pas de route pour aller à l'entrepôt. Enfin il y en avait une mais elle a été détruite, il y a un champ de blé à la place de nos jours.
Le seul moyen d'y accéder, c'est de passer à travers champs, ou de prendre le petit chemin entre les terres, que l'on distingue à peine d'ailleurs.

C'est le long de ce chemin que l'on peut voir l'ultime mystère du lieu:

Il n'y a pas un seul insecte. D'ordinaire en plein champs, quelque soit le pesticide utilisé, on trouvera au moins des fourmis, ou des moustiques. Ici, rien, pas une seule trace de vie autre que végétale dans un rayon d'un kilomètre autour de l'entrepôt. On n'entend pas non plus un seul oiseau.


Nous avons fini par trouver l'origine du lieu: il s'agissait d'une petite entreprise de logistique dans les années 80 et le début des années 90. Un matin, le corps d'un enfant de 4 ans, visiblement victime d'un pédophile violent et sadique, gisait dans l'un des hangars. Le corps d'une fillette a également été retrouvé dans les bureaux, étranglée près d'une fenêtre du petit bâtiment. Même après la fin de l'enquête, qui a vu le coupable mis en prison, le syndicat de la boite a déclaré refuser de travailler sur ce site, les hommes se plaignant de malaises fréquents.

Relativement compréhensive, la direction a déménagé toute l'activité à 150 kilomètres de là, et même si l'entreprise a depuis déposé le bilan, aucun des anciens employés ne veut jamais revoir le site.
Pas même en photo.



Par Cyrix - Publié dans : • Légendes retranscrites
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 18 août 2011 4 18 /08 /Août /2011 23:54

 

 

LA BERCEUSE DE L’ARAIGNÉE
(SPIDER'S LULLABY)

 

 

 

     Bonjour, je me présente, je m'appelle Benjamin, j'ai vingt ans, j'habite dans une petite ville de la Picardie. Je vivais en colocation avec mon meilleur ami Matthieu, ou Matt pour les intimes, depuis six mois. Nous avons tous les deux le même âge, et comme la plupart des jeunes hommes de notre âge nous avons une petite amie. La mienne habite à quelque pas de chez moi, je vais la voir très souvent. Mais la sienne...

 

     Matt a rencontré sa copine sur internet... Personnellement je n'ai jamais cru aux relations à distance, et je n'y crois toujours pas... Maintenant je n'y crois plus du tout. Il est parti il y a un mois dans sa ville, un village au nom bizarre, La Lys d'Orion. Bon évidemment qui n'est jamais tombé sur un de ces patelins avec des noms qui sortent de l'ordinaire. Mais depuis son départ, je n'ai plus de nouvelles directes, aucun coup de fil, même pas un texto. Mais j'ai trouvé quelque chose d'encore plus louche. Matthieu a laissé des infos de lui à La Lys sur sur son skyblog. Voici ce que j'ai trouvé :

 

« Je viens d'arriver à La Lys. J'avoue être excité de la voir. Le village est plutôt bien, on y trouve des commerces de proximité, et il y a un bâtiment d'archives près de la mairie ainsi qu'une bibliothèque, pour un village de campagne je m'attendais à quelque chose de plus rural. Je vais chez elle, je vais rencontrer ma Reina

Publié le 17/04/2010 à 9h00

 

     Le message qui suit a été posté une heure après.

« C'est quoi ce binz j'arrive et elle est pas là, où est-ce qu'elle est ? En plus j'ai regardé le journal de la région, et je vois écrit qu'il y a eu des cas de morts étranges, il semblerait que les victimes aient été attaquées par des insectes ou des arachnides... J'espère qu'il ne lui est rien arrivé. Ça m'inquiète. Reina si tu es là essaie de me laisser un message dans les commentaires stp jtm bb »

Publié le 17/04/2010 à 10h00

 

     Le soir même, ma copine a reçu des nouvelles de Reina sur MSN. Elle m'a dit que Reina lui avait juste envoyé un fichier et s'est déconnectée, elle n'a pas compris, c'était un fichier wav et elle l'a écouté, pensant qu'il s’agirait d'un message audio de Reina. Au fait, il s'agissait d'une musique, cela ressemblait à une mélodie de veille boite à musique qu'on utilise pour endormir les gosses comme dans certains films. Elle n'a pas compris pourquoi elle a reçu cette musique qui n'a rien à voir avec ce qui nous intéressait. Reina n'est pas réapparu sur MSN. Pendant deux jours, nous n'avions aucune nouvelle de personne, moi et ma Louise sommes sortis après ces deux jours d'inquiétude histoire de nous changer les idées, je l'ai raccompagné chez elle, si j'aurai su ce qui allait arriver j'aurai insisté pour rester avec elle.

 

     Le lendemain.

 

     J'ai reçu un coup de fil à 7 heures du matin. C'est la mère de Louise. « Ben, viens tout de suite, c'est Louise ! Elle a... » puis ça a raccroché.

     Je suis parti en trombe en m'habillant à l'arrachée... Je suis arrivé chez ma Louise. Et là.

     J'en tremble rien que d'y penser. Je suis anéanti. Elle est morte. Je m'en veux, si j'étais resté avec elle j'aurai peut-être pu la sauver. Son corps était horrible à voir. Je n'en dors plus de la nuit. Cela ressemblait à des centaines de morsures d'araignée. Il y avait même de la soie qui sortait de sa bouche. Je voulais retirer cette saloperie mais la peur m'envahissait. Et si jamais une de ces putains de bestioles étaient là dedans, dans son corps ? L'idée me répugnait tellement que j'en ai dégobillé sans même avoir eu le temps d'aller aux chiottes. Putain je suis dégouté, j'en peux plus, mon meilleur ami qui donne plus signe de vie et ma copine qui crève comme ça, c'est horrible, j'en peux plus. Je veux savoir ce qui se passe... Et pourquoi ai-je l'impression que tout ça ait un rapport avec Matt et Reina ?

     Il faut que je me connecte... sur son skyblog.

 

« J'ai vu ce qui est arrivé à Louise. Je suis désolé Ben. Et pour pas arranger les choses, Reina n'a pas donné signe de vie, je vais voir à l'administration s'ils savent quelque chose. Semaine pourrie ! »

Publié le 20/04/2010 à 13h30

 

     Dix minutes après ce message, un fichier wav est posté dans un commentaire, mais cette fois Reina n'était pas affichée comme expéditeur. Je n'y prêtai pas attention. C'est d'ailleurs ce qui m'a sauvé.

     Trois jours plus tard, l'article tomba, des dizaines de morts dans la Picardie et un peu dans toute la France. J'observai les noms, et je constatai que la plupart des morts étaient des amis IRL ou internautes. Le plus flippant c'est que leurs morts étaient décrites comme similaires à celle de Louise, et similaires à celles dont parlait Matt sur son skyblog quand il était arrivé à La Lys d'Orion.

 

« Je suis allé voir l'administration, j'ai cité Reina... on ne m'a parlé que d'une Reina Régner, mais elle est morte il y a 30 ans. Et en plus elle avait l'âge de ma Reina. C'est quoi ce bordel ? Me dis pas qu'on s'est foutu de moi et que je suis venu pour rien. JE PETE UN CABLE PUTAIN DE GROSSE PUTE TU T'ES FOUTU DE MA GUEULE SI JE TE TROUVE JE TE MASSACRE ! »

Publié le 26/04/2010 à 23h59. Ce fut le dernier message envoyé par Matt.

 

     La nuit était tombée.

     Je pris le train en direction de la ville la plus proche de La Lys. Rien à foutre que ce soit la nuit et que je raque les sous dans un train, je voulais en finir une bonne fois pour toutes avec ces conneries.

 

     Me voilà arrivé à La Lys d'Orion, le TGV de nuit m'a aidé a arriver assez vite, tant mieux, je ne voulais pas perdre mon temps. Où es-tu Matt ?

     Je me suis rendu dans l'adresse censée être la maison où vit Reina.

 

     C'est n'importe quoi. Cette baraque était abandonnée. Personne n'aurait vécu là-dedans. Il était clair que Reina était une invention... quelqu'un qui s'est fait passer pour une personne morte pour se foutre de nous, même si je ne comprenais pas pourquoi. Mais bon qu'est-ce que ça pouvait être d'autre de toute façon ? La première chose que je vis dans la maison était un papier qui traînait par terre avec un carnet, je lus ce qui était écrit dessus.

 

« Benjamin, je sais que c'est toi. Tu es mon meilleur ami et tu es toujours venu quand j'avais des problèmes, si tu tombes sur cette lettre, sache qu'à l'heure où tu l'a lis elle m'aura probablement attrapée. »

Qu'est-ce que cela voulait dire ?

« Reina est l'Araignée. Elle utilise une musique pour tuer les gens, un fichier nommé spider.wav envoyé sur internet. Mais comment aurait-elle pu me parler ou me draguer ? C'est trop bizarre. Au fait j'ai compris plus tard. Il y a une jeune fille qui est la réincarnation de Reina, c'est elle la tueuse, Reina est elle ne font qu'une, au début elle avait son humanité. C'était elle ma petite amie, elle ne s'appelait pas Reina mais Joséphine, mais préférait le nom de Reina pour la réputation de peur que cela inspirait aux gens de La Lys. Avec cette lettre il y a même son journal intime elle le cachait dans cette maison vide. Je te laisse le lire. Et il y a aussi une partition dans son journal, ça doit être les notes de la musique de Reina. »

     J'en étais tellement enragé et effrayé que je voulais déchirer cette lettre ainsi que ce foutu journal mais j'en avais besoin, et puis cette lettre était tout ce qu'il me restait de Matt.

     J'ouvris les pages du journal de Joséphine.

 

« 18 décembre 2009

Cher Journal,

Aujourd'hui j'ai rencontré un garçon formidable. Il s'appelle Matt, il vit en Picardie avec son ami. Il est vraiment marrant, j'ai envie de le voir. Je crois que j'ai le coup de foudre. »

 

« 24 décembre 2009

Cher Journal,

Mon plus beau cadeau de Noël ! Matt m'a dit qu'il m'aimait ! J'en reviens pas, c'est fabuleux !

 

     Le reste n'était pas intéressant.

 

« 17 avril 2010

Cher Journal,

Aujourd'hui je vais enfin voir mon chéri

 

     Je trouvais ça bien étrange. Joséphine semblait cacher quelque chose. Le plus flippant c'était que visiblement il n'y avait rien après. Je voyais une feuille dépasser du journal. Probablement les partitions dont parlait Matt. J'allai direct à cette page. Les partitions étaient là. Mais il y avait autre chose. Comme un deuxième journal, écrit par quelqu'un d'autre. Et les dates étaient identiques. Seul l'année ne l'était pas, les pages dataient d'il y a trente ans. C'est là que je compris.

 

« 18 décembre 1969

Cher Journal,

Aujourd'hui j'ai rencontré un garçon formidable. Il s'appelle Eric, il vit en Picardie avec son ami. Il est vraiment marrant, j'ai envie de le voir. Je crois que j'ai le coup de foudre. »

 

« 24 décembre 1969

Cher Journal,

Mon plus beau cadeau de Noël ! Eric m'a dit qu'il m'aimait ! J'en reviens pas, c'est fabuleux ! »

 

« 17 avril 1970

Cher Journal,

Aujourd'hui je vais enfin voir mon chéri ! même si je l'ai déjà vu en photo là ça ne sera pas pareil. »

 

     Impossible ! C'étaient les mêmes mots. Comme si Joséphine et Reina vivaient la même existence. Seuls les noms changeaient... à la place de Matt il était écrit Eric. Puis je me suis souvenu du prénom du père de Matt. Eric. Je ne pense pas que ce soit une coïncidence. Quelque chose était écrit sur la page suivante. Je tournai la page est là, je lus.

« TU M'AS TUE ! TU AS TUE MON COEUR ET MON CORPS ! MAIS MON AME VIVRA ETERNELLEMENT ! J'ECRIS CETTE ULTIME PAGE POUR T'AVERTIR, TA DESCENDANCE SUBIRA LE SORT QUE TU M'AS RESERVE. JE TUERAI TON FILS DE LA FACON DONT TU M'AS TUE. JE SUIS REINA L'ARAIGNEE. ET MON AME PLEINE DE VENIN VIENDRA POUR ME VENGER !!!! » Fin du journal. Il n'y avait plus rien à lire après. Je ne savais pas où se trouvait Matt, et j'avais trop peur désormais pour chercher, alors j'appelai la police et je leur dis de le rechercher, après tout mieux vaut laisser une tâche pareille à des professionnels.

     Je suis rentré dans ma ville et j'appris le suicide d'Eric, le père de Matt. Sa femme qui était sous le choc, vint me parler aux funérailles et me donna une enveloppe qu'Eric lui avait demandé de me confier.

     Cette enveloppe c'était pas une lettre, c'était carrément un roman. Visiblement le père de Matt a décidé de vider son sac avant de mettre fin à ses jours.

« Benjamin.

Tout ça c'est à cause de moi. Je crois que c'est ça. Parce que j'ai vu Reina. Je l'ai vu dans un rêve. Elle avait le même visage qu'à l'époque où je sortais avec elle. Mais elle semblait pâle comme un mort et surtout il y'avait gigantesques pattes d'araignées qui sortaient d'elle, c'était abonimable. Maintenant je te dis tout, et après j'en finirai avec ça définitivement. Puisque Reina veut se venger de moi je vais lui donner ce qu'elle souhaite. »

     La suite de la lettre raconta toute l'histoire.

 

« Reina Régner était une jeune fille qui vivait dans son village de La Lys d'Orion. Elle envoyait des tonnes de lettres d'amour à de nombreux garçons par correspondance. Cela avait le don d'en énerver plus d'un. Alors un jour, avec des copains je me suis dit : Venez on va se débarrasser d'elle. Et j'ai commencé à lui répondre. Le 18 décembre elle fit ma connaissance. Le 24 décembre, soit la veille de Noël, je lui déclarais ma flamme. Je trouvais ça tellement romantique, l'idée d'avoir une déclaration d'amour à la veille des fêtes. Reina était tombée amoureuse de moi, mais je pensais qu'elle s'en fichait, que ce n'était qu'une garce qui voulait jouer avec les sentiments des garçons. Si j'aurais compris jamais je n'aurai continué. Le 17 avril, je me suis rendu sur place pour mon rencart avec elle, ou plutôt pour lui tendre un piège, le rendez-vous était fixé dans une vieille maison abandonnée dont elle m'avait parlé une fois. Et par chance nous étions arrivés avant elle. J'avais fait exprès de venir avant l'heure prévue, pour préparer mon coup. Reina arriva dans la maison et me cherchait, il était 23h59 pour exact. A minuit, tout se joua. Son nom était Reina Régner je trouvais que ça ressemblait à « la reine des araignées ». Moi et mes potes on lâcha tout un stock de fausses arachnides en plastique, tu sais, celles qui servent par exemple pour décorer au moment d'Halloween. On voulait juste lui foutre la trouille, surtout à cette heure là et dans cette maison on voulait avoir la paix. Mais à ce moment-là Reina fut prise d'un malaise et perdit connaissance. Persuadés que ce n'était pas méchant et qu'elle était juste évanouie, nous avons pris le train et sommes repartis en Picardie.

Après cette blague de mauvais goût je n'ai plus reçu de lettres de Reina. Mais deux jours après j'appris que Reina avait succombé à une rupture d’anévrisme dans son sommeil. Cette "trahison" l'avait marqué à tel point qu'elle en était morte. Et encore plus étrange. A ce moment là j'ai reçu par colis une boîte à musique. Elle jouait quelque chose. Un son assez angoissant quand on y réfléchissait. Je n'ai compris que récemment que cette boite jouait la musique que Reina écoutait toujours, elle se promenait avec cette boîte et cette musique résonnait également lors de notre rendez-vous. J'ai pensé qu'il s'agissait d'une blague et j'ai balancé cette chose au feu. Mais en fin de compte, la musique, comme l'âme de Reina, est demeurée consciente et a continué de hanter mon existence, à partir des 20 ans de mon fils. Maintenant tout se rassemble, le seul enfant que j'ai étant un garçon, il était logique que la scène allait se répéter de manière exacte. Reina attendait patiemment l'anniversaire de ses vingt ans pour se venger sur lui. Mais je refuse de la laisser faire. Si mon Matthieu doit mourir, alors je l'accompagnerai en Enfer s'il le faut.

Benjamin, tu étais comme un deuxième fils pour moi. S'il te plait. Protège ma famille. Et protège tout le monde de cette malédiction. Cette musique. Elle ne doit pas être entendue. Pas le son original. Pas cette maudite boîte à musique. Maintenant je te laisse. Adieu, mon jeune ami. »

     Des traces de sang tachaient la fin de la lettre.

 

     Pas le son original. J'ai compris. Il ne faut pas que les gens entendent la boîte. Il faut qu'une reprise soit plus écoutée que la vraie musique pour avoir une chance de stopper ce fléau. C'est à ça que servait la partition de Matt. Avec un ami passionné de musique, on joua les notes de la partition avec un logiciel spécialisé.

      « Comment on l'appelle ? demanda mon ami.

– Spider's Lullaby. Et on la sort en MP3.

– OK, ça marche. »

 

     Nous avons commencé à faire circuler notre version sur tout ce qui est possible, plus particulièrement les sites de vidéos en streaming et les réseaux sociaux.

     Maintenant, cher lecteur vous êtes prévenus.

     Le fichier Spider's Lullaby.mp3 ne représente aucune menace, vous pouvez l'écouter.

     Par contre, si jamais vous le trouvez, n'écoutez JAMAIS le fichier spider.wav

 

     L'Araignée n'est jamais loin.

 

 

     P.S. : le corps de Matthieu n'a jamais été retrouvé. 

Par Brian Gisborn - Publié dans : • Légendes retranscrites
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Mardi 16 août 2011 2 16 /08 /Août /2011 23:53

Jérémy ramassa la potion.

En fait il appliqua une pression sur son index, qui activa le bouton de sa souris, déclenchant un signal qui, répercuté à travers de nombreux relais électroniques, activa un événement auprès du serveur internet auquel il était connecté. Le jeu de rôle massivement multijoueur auquel il participait mettait en scène un guerrier lutant contre une horde de squelettes démoniaques.

Evidemment, le guerrier, c’était lui. Ou plutôt c’est l’illusion qu’une société lui permettait d’avoir, moyennant finance.
Dans le « vrai » monde, le jeune homme était assez chétif, et introverti. Il subissait depuis des années les brimades de ses camarades, et la société lui permettait de fuir dans un monde virtuel plutôt que de les affronter.
Aussi, avec les années, il avait acquis une véritable force de caractère, qui avait évolué en une méchanceté malsaine… Le tout limité à quelques données informatiques dans les premiers temps. Puis il avait évolué. Avait canalisé sa rage, sa frustration vers telle ou telle ethnie, ou religion. La veille, il avait quitté le domicile parentale sans un bruit, au milieu de la nuit, et avait marché jusqu’au cimetière voisin. Où il avait pu exprimer toute sa haine.
Le point commun entre un cimetière et un jeu vidéo ?
Dans les deux cas, les victimes sont destinées à subir les coups sans pouvoir les rendre à armes égales.

Il utilisa la potion pour restaurer le niveau de santé de son avatar en jeu, et sourit. Le dernier des squelettes était mort ; même s’il savait au fond de lui que rien n’était réel, il ressentait une joie héroïque à vaincre des unités pré destinées à mourir.
C’est alors que tout bascula.
Il reçut un texto qui fit vibrer son téléphone, le faisant sursauter.
« Voici ta chance. Prouve ta valeur ».
Il comprit. Il se dirigea vers la cuisine et saisit un couteau de boucher, celui pour couper les viandes dures.
Il monta silencieusement les marches de l’escalier. Une à une. Puis ouvrit la porte de la chambre de sa petite sœur… Et enfonça son couteau à travers le crane de celle qui était encore en train de rêver…
Le craquement sinistre et humide lui procura une grande satisfaction. Il retira la lame et l’essuya sur l’oreiller consciencieusement avant de continuer son chemin, vers la chambre des parents.
Il frappa deux fois à la porte. Il entendit son père se lever.
Le guerrier se plaça alors au fond du couloir dans l’ombre, et attendit. Son père sortit et demanda ce qu’il se passait. N’entendant pas de réponse, il se dirigea naturellement vers la chambre la plus proche. Celle de sa fille. A peine rentrait-il dans la pièce qu’il alluma la lumière et découvrit le spectacle le plus horrible qu’il soit permis d’imaginer. Mais il n’eut pas le temps de hurler que déjà son propre fils lui ouvrait les entrailles et le laissait pour mort…

Jérôme s’approcha alors de la chambre où dormait encore sa mère. La porte était restée entrouverte.
Il approcha de sa mère endormie. Elle était très belle. Il lui caressa tendrement la joue, se pencha pour l’embrasser, la réveillant en douceur du même coup, et lui trancha la gorge violemment, jusqu’à la décapiter.

Le guerrier n’avait pas encore accompli sa quête. Il lui restait une personne à détruire. Mais il n’arrivait pas à la saisir… Quand il passa près d’un miroir…

Cette histoire totalement véridique arriva en octobre 2007 en Corée, où elle fit parler d’elle suite à la publication sur internet d’une photo du cadavre du fils, dont le nom a ici été changé. Ce dernier s’était donné la mort en se taillant les veines, et agonisait encore au milieu d’une mare de son propre sang quand la police arriva sur les lieux le lendemain.
Vous vous demandez d’où provenait le texto reçu au début de l’histoire ? Il faisait en fait partie d’une campagne de publicité visant les jeunes, qui recevaient alors un message en deux parties :
- « Voici ta chance. Prouve ta valeur »
- Suivi de « Rejoins-nous sur le nouveau serveur de ################ , un mois de démo offert avec le code #####»
Le hasard est étrange… Le téléphone du jeune n’a jamais reçu le second texto…

Par Cyrix - Publié dans : • Légendes retranscrites
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés